Challenge 1 article/semaine

Apprendre à dire NON

«Ok Gérard, on fait comme ça ! »

Zut…

Vous regrettez déjà d’avoir accepté.

Et vous commencez à maugréer : « Pfff… Quelle plaie… J’ai envie d’aller à cette soirée comme d’attraper la syphillis… Qu’il est lourd ce Gérard…».

Vous vous sentez pris au piège.

Mais alors…

Pourquoi avoir accepté ?

Gérard vous menaçait-il avec un pistolet pointé sur votre tempe ?

Non.

Vous n’en voulez pas à Gérard au fond, vous vous en voulez à vous de ne pas avoir su dire « non ».

Rappelez-vous que quelle que soit la situation :

1) Vous avez toujours le choix

Rien de tel qu’une petite mise en situation pour bien intégrer !

Chopez un stylo !

Repensez à une situation dans laquelle vous vous êtes senti obligé de faire quelque chose, où vous avez eu l’impression de ne pas avoir le choix.

Assumez d’abord votre ressenti et dîtes « Je n’ai pas le choix », puis :

1- Posez-vous la question « Pourquoi ? »

Et écrivez la ou les réponses qui viennent sans réfléchir.

  • « Je risque mon poste ! »
  • « Sinon elle me quitte… »
  • « Il n’a que moi pour l’aider !»
  • « C’est mon devoir. »

2- En réalité, pour chaque réponse, il y a un choix.

  • « Je risque mon poste ! » Je prends le risque de perdre mon poste ou je ne le prends pas.
  • « Sinon elle me quitte… » Je prends le risque qu’elle me quitte ou je ne le prends pas.
  • « Il n’a que moi pour l’aider !» Je l’aide ou je ne l’aide pas.
  • « C’est mon devoir. » Je fais mon devoir ou je ne le fais pas.

Vous faites donc un choix. Le choix de défendre le besoin qui vous paraît le plus important.

3- Trouvez le besoin défendu

  • « Je risque mon poste ! » Besoin de sécurité
  • « Sinon elle me quitte… » Besoin d’amour
  • « Il n’a que moi pour l’aider ! » Besoin de contribution
  • « C’est mon devoir. » Besoin d’engagement

(Ce sont des exemples, d’autres besoins peuvent se cacher derrière ces réponses.)

Même dans un cas extrême où votre vie est menacée, vous avez toujours une part de choix.

fusil pointe
@Symo0

Bon ben là, c’est le besoin de… vivre !

4- Trouvez le besoin inassouvi

Alors pourquoi on traîne des pieds pour aller aider Tonton Gaston sachant qu’on répond à notre besoin de contribution ?

Parce qu’aider Tonton Gaston ça prend du temps, c’est fatiguant, c’est pas très rigolo, en un mot c’est chiant.

Donc ça ne répond pas à votre besoin de repos ou de joie.

A votre tour, quel est le besoin inassouvi quand vous dîtes OUI?

Vous avez donc noté :

  1. le pourquoi
  2. le choix qui est entre vos mains
  3. le besoin qui vous pousse à dire oui
  4. le besoin qui vous pousse à dire non

Maintenant faites preuve d’imagination et notez des idées pour assouvir l’ensemble des besoins.

  • Ecouter sa musique préférée pendant qu’on répare les canalisations de Tonton Gaston
  • Limiter à 2h la durée de visite chez Tonton Gaston pour se garder du temps pour se reposer ou voir des amis.
  • Se prévoir un massage relaxant aux pierres chaudes dans la foulée

Si aucune solution n’est envisageable, c’est que vous choisissez de ne pas les envisager ! Demandez-vous pourquoi!





2) Une relation saine, c’est une relation où l’on sait dire NON

N-O-N

3 lettres, c’est pourtant pas bien compliqué.

Alors pourquoi on a tant de mal à dire NON ?

D’après Al.Weckert, consultant et formateur en Communication non Violente, plusieurs raisons nous empêchent de dire non:

  • peur du rejet
  • de ce que les autres pensent
  • de sortir de la norme quand tout le monde dit oui
  • que l’autre nous dise non par la suite
  • des conséquences pour notre emploi
  • de paraître impoli, méchant, égoïste
  • d’être en opposition
  • etc!

On peut les formuler différemment, mais elles se basent toutes sur la peur.





légo cri peur
@clement127

A trop reculer devant vos peurs, vous finirez dans la cheminée





Dans les relations, plus il y a de peur, moins il y a de sincérité.

Vous souhaitez avoir des relations sincères ?

  1. Traduisez vos peurs en besoins.
  2. Ne cédez pas à vos peurs.
  3. Défendez vos besoins.

Etre empathique, ce n’est pas dire « Oui » à tout. Pour mieux comprendre l’empathie, je vous conseille de lire cet article qui explique Comment développer son empathie.

Dire « Oui » à tout , c’est de l’empathie sous contrainte. Et celle-là n’est pas bénéfique : vous finirez par perdre votre autonomie et votre estime personnelle.

Si votre employé fait des heures supp’ à n’en plus finir juste parce qu’il a peur d’être viré, il finira soit par bâcler le travail et chercher à en faire le moins possible dès que vous avez le dos tourné, soit par faire un burn-out et vous claquer entre les doigts du jour au lendemain.

Quand quelqu’un dit oui à contrecoeur, tout le monde est perdant.

Alors pour le bien de tous, il est temps d’apprendre à dire NON !





3) Comment s’entraîner à dire NON

Allez on souffle un coup…

Ca va bien se passer !

J’ai une super nouvelle pour tous nos amis NONophobes.

Dire NON, c’est dire OUI à autre chose!

La question est donc : A quoi voulez vous dire oui ?

Vous êtes perdu ?

Pas de panique, voilà un petit guide pour formuler un magnifique « NON » en Communication Non Violente.

Formuler un NON en CNV

Pour comprendre les 4 étapes de la CNV, lisez l’article sur la Communication en cas de conflit.

1- Reformulation empathique du point de vue de mon copain de conflit :

  • Observation de mon copain de conflit
  • Sentiment de mon copain de conflit
  • Besoin de mon copain de conflit
  • Demande de mon copain de conflit

2- Dire NON en CNV :

  • Observation
  • Mes Sentiments
  • Mes Besoins : « Quand je dis NON, à quoi je dis OUI ? »
  • Demande à mon copain de conflit

Par exemple:

  • Tonton Gaston, tu m’as dit qu’une canalisation était cassée
  • Tu es soucieux
  • Parce que tu as besoin d’ordre
  • Tu aurais aimé que je vienne la réparer demain
  • Quand tu me demandes de venir la réparer demain
  • Je me sens désemparé
  • Parce que j’ai besoin de calme
  • Es-tu d’accord pour que je passe la semaine prochaine? Cela me permettrait de me reposer et d’être plus efficace pour la réparer.

Si vous n’avez aucune envie d’aller réparer cette canalisation, vous pouvez proposer :

  • Es-tu d’accord pour demander à ton voisin Roger de la réparer ?
  • Veux-tu que j’appelle mon ami plombier pour lui demander son tarif ?

Et si Tonton Gaston n’accepte aucune proposition? S’il reste bloqué sur SA volonté?

Si votre copain de conflit ne prend pas en compte votre besoin, à vous de le rendre concret!

La méthode de la clôture

Imaginez votre besoin comme un petit jardin fleuri qu’il faut entretenir.

Votre copain de conflit s’apprête à marcher avec ses grosses bottes dessus. A vous d’installer une clôture.

Transformez votre demande en affirmation:

  • Je vais me reposer et prendre du temps pour moi. J’appellerai mon ami plombier demain pour lui demander son tarif.

Vous posez une clôture qui délimite votre besoin. C’est en se cognant à cette barrière que votre copain de conflit réalise son existence.

Aucune porte qui claque, pas d’assiette cassée, et pourtant on vient de dire NON à Tonton gaston.





« Savoir dire NON, c’est garantir que les OUI viennent du coeur »

Coeur Laine Tricot
@Leslie

Pris au dépourvu ? Pas le temps de réfléchir ?

Ne vous positionnez pas en victime.

Fiez-vous à votre logique, vos valeurs, et à votre instinct.

En gros, si une proposition vous met mal à l’aise, dîtes NON !

😉

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