Challenge 1 article/semaine

Les 4 étapes pour mieux communiquer en cas de conflit

 

Photo @najarich

Et voilà… rien ne sort!

Dans ma tête, les phrases se bousculent…

Mais rien ne sort.

Je m’auto-encourage: “Allez Claire, dis quelque chose!”

Quand un conflit pointe le bout de son nez, on a parfois du mal à trouver les mots.

Vous avez déjà vécu ça?

Si vous êtes impulsif, vous êtes plutôt du genre à balancer un gros reproche dans les dents de votre copain de conflit! Et de vous en aller en claquant la porte.

Si vous êtes réfléchi, vous ressassez pendant 1 heure tout ce qui vous a déplu, de la soirée du nouvel an 1997 à aujourd’hui, pour finalement ne rien dire. Vous ne saviez pas par quoi commencer !

Bref, qu’on soit plutôt « coup de boule » ou « boudin », la conversation a peu de chances de finir sur une belle résolution de conflit…

Et parfois, un conflit qui pourrait être résolu en 5 minutes prend des proportions ahurissantes… Alors que clairement, on n’est pas là pour se compliquer l’existence ! La vie est courte, on veut du positif, de la joie!

On se retrousse les manches et on va offrir à ce conflit un super « Happy Ending ».

Voyons les 4 étapes pour mieux communiquer en cas de conflit ! 🙂

Ces étapes sont tirées du livre référence de Communication Non Violente « Les mots sont des fenêtres » de Marshall B. Rosenberg.

 

1ère ETAPE : OBSERVATION

Quand tu dis/fais …

Pour faire cette observation, il suffit de se poser la question :

Quel est l’événement déclencheur?

Quelle action effectuée par mon copain de conflit a déclenché mon mal être ?

“Tu m’as dit « Tais toi ! »”
“Tu a pris mon assiette alors que je n’avais pas fini mon dessert!” (On ne juge pas s’il vous plait )

Attention!! Cette observation doit être « Observable »… super merci Claire… « observable » au sens concret, par nos sens. En gros, on doit citer quelque chose qui peut être vu ou entendu !

Il n’y a pas de place pour l’interprétation ! Ouste mes opinions et mes suppositions, je veux que mon copain de conflit sache exactement de quoi je parle !

Hors, si cette personne adore passer des moments sans parler, mais que son silence vous fait penser qu’il vous fait la tête, lui dire « tu me fais la tête » ne l’aide pas à comprendre pourquoi vous pensez qu’il vous fait la tête… Cette phrase est longue… Vous suivez toujours ? Génial !

Les petits pièges dans lesquels on tombe tous !

Tu me cries dessus => Crier est un terme subjectif, il dépend de notre éducation, notre culture, ou même du moment de la journée. Si quelqu’un vous parle avec une patate d’enfer à 7h du matin alors que vous sortez du lit, vous aurez l’impression qu’il crie! Comment être plus précis ? « Tu élèves la voix » « Tu te mets à parler plus fort »

Tu refuses de/ tu ne veux pas => Si je ne fais pas la vaisselle, ça ne veut pas dire que je refuse de la faire ! Je peux juste avoir une chose plus urgente ou plus amusante à faire. Et si je n’aime pas faire la vaisselle, je vais trouver plein de choses bien plus amusantes jusqu’à ce que l’évier soit inutilisable…

Petite anecdote personnelle pour illustrer: J’ai participé une fois au festival d’Avignon en tant que comédienne. Un jour, la production me demande de tracter, je réponds « non ». Un « non » intraitable. Pourtant ce n’est pas le fait de tracter que je rejette, j’ai tracté maintes et maintes fois dans la bonne humeur. Je dis NON car cela fait 2 semaines que mes besoins ne sont pas pris en compte. Mon besoin de repos, de joie, de compréhension… L’équipe encadrante était sans arrêt sur notre dos. Je dis NON à leur absence d’écoute, NON à leur autoritarisme, je suis une révolutionnaire défendant les droits du peuple ! Si si dans ma tête c’était pas loin.

Quand on dit NON à quelque chose, on dit OUI à quelque chose d’autre ! Un enfant qui dit « NON » pour ranger sa chambre a sûrement envie de jouer ou de partager. Il demande qu’on entende son besoin .

C’est donc réducteur de dire qu’il « refuse de ranger sa chambre », on en restera aux faits précis et on dira « Tu as dit non quand je t’ai demandé de ranger ta chambre ». Les verbes dire ou verbes d’action limitent les risques !

On chipote ? Peut être, mais comme disait Paul Valery:

“Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails.”

Les contre-exemples d’Albert : Tout ce que qu’il ne faut pas faire !

  • “Tu me parles mal”/ “Tu es méchant” / “Tu m’insultes” : quel mot exact a été dit?
  • « Con » peut être une insulte pour certains et un tic de langage pour d’autres « Putaing Cong »!
  • “Quand tu t’énerves pour rien” : Aïe… Double évaluation dans ta tête ! Une personne peut hausser la voix sans être énervée, mais plutôt pour s’affirmer. Quant au « pour rien », pour qui Albert se prend-il? Il décrète qu’il n’y a RIEN, non rien de rien! Mais Albert ne sait pas tout, Albert n’est pas Dieu, enfin je crois!

Avec Albert la conversation commence sur des mauvaises bases. Pourtant, emporté par la peine ou la colère, on juge souvent au lieu d’observer !

Vous savez comment commencer votre phrase! Maintenant, il faut se livrer un peu.  🙂

2ème ETAPE : SENTIMENT

 

Quand tu dis/fais …, je me sens …

 

Un sentiment c’est quoi ?

La grosse erreur que l’on fait c’est de confondre sentiment et pensée !

Par exemple quand on dit « Je me sens abandonnée », on confond le sentiment (la solitude ou la tristesse) avec la pensée « Tu m’abandonnes ».

Or pour gérer un conflit, le mieux est d’appliquer la présomption d’innocence, on ne va pas insinuer que l’autre nous abandonne, c’est peut être juste notre interprétation !

Alors comment identifier le sentiment « universel » ?

  • il n’est pas réfléchi, pas analysé
  • il n’est pas dépendant de quelqu’un en particulier. On peut donc éliminer tous les verbes qui impliquent un « par »:

Je me sens abandonnée (par) / trahie (par) / oubliée (par)…

Le sentiment universel a 2 avantages déterminants:

  • mon copain de conflit comprend dans quel état je suis, puisque lui aussi l’a déjà vécu
  • je prends la responsabilité de mon sentiment, donc mon copain de conflit n’entend aucune critique, et peut m’écouter pleinement sans être sur la défensive

Allez, pour vous aider, voilà une liste de sentiments comme antisèche pour votre prochain conflit !

 

Photo @JimeGhirlandi

Votre copain de conflit connaît à présent votre ressenti et l’événement déclencheur. On va maintenant lui expliquer pourquoi on réagit comme ça.

Inutile de se lancer dans une biographie du type «quand j’avais 4 ans, maman m’a punie alors que c’était Enzo qui avait cassé le vase… ».

Non vraiment.

Ca risque d’être long et d’embrouiller l’esprit de votre copain de conflit.

Ici on veut : -être dans le moment présent
           -être compris par l’autre

on va donc lui indiquer notre Besoin.

 

3ème ETAPE : BESOIN

Quand tu dis/fais …, je me sens …, parce que j’ai besoin de…

 

De quel type de besoin parlons nous ?

Du besoin primaire universel qui n’est pas satisfait dans cette situation.

Et j’ai 2 bonnes nouvelles ! Je commence par la bonne ! 🙂

Votre besoin n’est pas dépendant d’une personne en particulier !
(Et avouons que c’est rassurant)

Votre besoin d’amour n’est pas uniquement dans les mains de votre conjoint.

Votre besoin de respect n’est pas uniquement dans les mains de votre supérieur.

Inutile donc de répéter « J’ai besoin que tu sois comme ça! » ou « J’ai besoin que tu fasses ça »

C’est faux.

Vous êtes en train de confondre votre Besoin avec un moyen de le satisfaire.

Vous avez besoin de reconnaissance, et votre stratégie pour satisfaire ce besoin est que votre patron vous augmente? Ok, mais il y a plein d’autres moyens pour obtenir de la reconnaissance. Et si toute augmentation est interdite par l’entreprise, vous risquez de manquer de reconnaissance pendant longtemps si vous n’acceptez pas de chercher un autre moyen!

Nous avons tous les mêmes besoins

Ca vous étonne?

Le conflit ne porte jamais sur les besoins: nous avons tous les mêmes.

Votre copain de conflit comprend forcément votre besoin de respect ou d’échange, car il en a besoin lui aussi.

Tout le monde cherche à être heureux ! Mais certaines personnes choisissent de mauvaises stratégies, et commettent des vols pour satisfaire leur besoin d’excitation.

Quel est le vôtre?

Voilà une petite liste pour vous aider!

Normalement à ce stade, vous avez évité tous les pièges! Votre copain de conflit est disponible à entendre votre demande. Ne vous emballez pas, ce serait bête de se planter lamentablement dans la dernière ligne droite !

 

4ème ETAPE: DEMANDE

C’est le moment de faire une proposition à votre copain de conflit !

 

Es-tu d’accord pour … ?

Votre proposition doit être :

Affirmative

Le cerveau ne comprend pas le négatif. Si je vous dis « Ne pensez pas à un vélo rose ! », vous imaginez un vélo rose!

C’est normal.

Votre demande ne peut donc pas être « ne pas laisser trainer tes affaires », ni « ne pas m’appeler toutes les 10 minutes ».

En disant ce que vous ne voulez pas, vous ne dites pas ce que vous voulez vraiment! Or, si vous ne savez pas concrètement ce que vous souhaitez, personne ne le saura!

Dites-le clairement.

Factuelle

Je voudrais que tu sois plus attentionné / que tu m’acceptes comme je suis / que tu me fasses confiance…
Ok ! Pas de souci… mais… c’est à dire ? Concrètement je fais quoi ?

A vous de préciser et de donner des faits concrets, par exemple :
“Je voudrais que tu me demandes comment s’est passée ma journée” ou “que tu me prennes la main quand on marche dans la rue”.

Réalisable tout de suite

Votre copain de conflit doit pouvoir répondre à votre demande ici et maintenant.

Car faire une promesse sur l’avenir est trop incertain, on risque de juste repousser le problème.

Le mieux est donc de demander de faire une action précise rapidement ! Par exemple, regarder les agendas pour bloquer un week end, ou convenir d’un rendez-vous professionnel.

Si aucune action n’est possible immédiatement, on peut demander :
« Peux tu reformuler ce que j’ai dit ? »
« Qu’est ce que tu ressens quand je te dis tout ça ? »
« Es tu d’accord pour faire ça ? »

Refusable

Oui oui!

Mon copain de conflit a le droit de me répondre non.

Sinon ce n’est plus une proposition mais un ordre !

En cas de « non », je peux :
-comprendre pourquoi il refuse ma proposition, quel besoin défend-il en me disant non ?
-faire une nouvelle proposition ou trouver ensemble un moyen de répondre à nos besoins

 

Photo @AmtecPhotos

 

Comment s’entraîner à ces 4 étapes ?

Le moyen le plus simple et le plus efficace est d’écrire tous les jours dans un cahier :
-notre sentiment actuel
-le fait qui a déclenché ce sentiment
-le besoin non satisfait
-une proposition de solution à quelqu’un ou à nous-même.

On peut changer l’ordre dans notre « journal », l’important est de s’entraîner aux 4 étapes. A faire quand bon nous semble, au lever, au coucher, ou quand on a un coup de mou !

En plus de faire progresser en communication, cette petite habitude permet de cibler tout de suite ce qui nous tracasse et d’y remédier rapidement ! Bref, une petite action qui peut avoir de grandes conséquences sur notre vie !

Et rappelons-nous :

Une observation, pas une évaluation

Un sentiment, pas une pensée

Un besoin, pas un moyen

Une demande, pas un ordre

A nous de jouer !

 

Vous avez testé ? Quel a été le résultat ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées?

Posez vos questions et partagez vos conseils en commentaires !

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